Les formes d'une ville, Besançon cartographiée

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Pour la ville de Besançon, on ne connaît pas de représentation cartographique pour la période médiévale. La gravure la plus ancienne remonte à 1534 mais elle a disparu. Il s’agissait d’un document envoyé à Charles Quint, Empereur et Comte de Bourgogne et par conséquent maître de la Franche-Comté.

 

Les plans les plus anciens de Besançon sont conservés dans les fonds de la bibliothèque d’étude et de conservation. Ce sont des « vues cavalières » caractéristiques de la Renaissance. Les vues sont généralement obliques et « prises » d’un endroit en surplomb, à l’extérieur de la ville. L’utilisation de la perspective permet de mettre en valeur les différents quartiers. L’orientation est tournée vers le sud (le nord se situe derrière la personne qui regarde). Les commanditaires des vues y incluent leurs armoiries.

 

Besançon du XVIe au XVIIIe siècles

 

Cette vue cavalière de Besançon de 1575, dessinée par Pierre Argent, témoigne de façon précise de l’étendue de l’urbanisation de Besançon dans la seconde moitié du XVIème siècle. On remarquera que le tracé de l’actuelle Grand Rue semble particulièrement sinueux.​


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Besançon en 1618​

 

Issue de l’ouvrage « Vesontio civitas imperialis libera » de Jean-Jacques Chifflet, cette vue de 1618 est dessinée par Jean Maublanc. Les édifices religieux y sont particulièrement mis en valeur, mais aussi les collines recouvertes de vignes. Sont également signalés les fontaines et les puits. Besançon compte environ 12 000 habitants à cette période.​


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Besançon vers 1710​

 

Cette vue cavalière non datée et non signée donne une image très précise de Besançon au tout début du XVIIIème siècle. La ville après la conquête par Louis XIV en 1674 est maintenant surplombée par la citadelle de Vauban achevée en 1692. Plusieurs casernes sont construites à partir de 1680 à l’est de la boucle.​


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Besançon en 1722​

 

Les plans-reliefs ont été élaborés au XVIIIème par les ingénieurs militaires qui réalisent des maquettes pour représenter les projets de fortifications. Le plan-relief de Besançon date de 1722. Il nous donne une image de la ville peu après la conquête française. L'hôpital Saint-Jacques et le quai Vauban viennent juste d'être construits, de même que la citadelle et les fortifications bastionnées​.


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Besançon en 1786​

 

La population de Besançon augmente de façon importante au XVIIIe siècle et ce plan met en évidence la densification du bâti à la veille de la Révolution. Il permet de mettre en évidence l’étendue des constructions publiques (hôpital, théâtre, hôtel de ville, tribunal) et des fortifications. Il est précieux également pour sa description précise des secteurs situés en dehors de la boucle.​


Archives municipales de Besançon 1D7

Les plans du XIXe siècle ​: Besançon en 1815​

 

Le décret impérial du 27 juillet 1808 impose aux villes de réaliser dans un délai de deux années un plan d’alignement des rues. En effet il n’existait aucune consigne pour fixer aux particuliers l’emplacement des bâtiments à construire et la ville de Besançon se retrouvait souvent en conflit avec l’administration du Génie Civil qui prétendait avoir le droit de fixer l’alignement de certaines rues. En raison du manque de financement et des difficultés liées à la période Révolutionnaire l’élaboration de de document prendra du retard.

 

Cependant le projet est présenté à l’occasion de la séance du conseil municipal du 17 avril 1811. Le document est finalement réalisé en 1815 sur des plans levés par l’ingénieur géomètre Jeanneney. Il ne porte que sur les voies qui ne dépendent pas de la « Grande Voirie » des ponts et chaussées. Une ordonne royale du 8 mars 1821 approuve définitivement ce document.

 

Réalisé sous forme d’Atlas avec un plan général (au 1/2000ème ) et de 48 feuilles de détail (au 1/500ème) ce document précède le cadastre Napoléonien. Aucune destruction n’est imposée pour les constructions frappées d’alignement, mais les lignes jaunes désignent tous les bâtiments ou parties de bâtiments qu’on ne pourra pas réparer ou reconstruire. Les lignes en rouge indiquent des sites où il est possible de reconstruire.


AD du Doubs 3P57/117-123

Besançon en 1834​ : le cadastre dit napoléonien​

 

En 1807, Napoléon 1er prescrit la confection d’un cadastre pour toutes les communes de France. La réalisation de ce travail colossal, à l’échelle d’un pays entier, ne s’achèvera que vers 1850. Pour la ville de Besançon les plans ont été réalisés en 1834 (levés par M. Bercot, géomètre). L’objectif de ce document était de faciliter la levée et la répartition de l’impôt foncier, en fonction des propriétés bâties ou non bâties.

 

Il se compose de plans (atlas parcellaire, en plusieurs sections) mais aussi de registres (matrices cadastrales) qui seuls seront mis à jour (avec les parcelles qui changent de propriétaires, les constructions nouvelles, etc). Il permet d’avoir une image très précise de la partie urbanisée du ban communal mais aussi et peut être pour la première fois des sections libres de toute construction.

 

Il faut attendre la loi du 16 avril 1930 pour que ce cadastre soit modifié et qu’une révision indispensable des propriétés non bâties soit menée à bien.


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Besançon en 1883 : le plan « Delavelle »

 

Ce plan de ville, a été réalisé en 1882 par M. Rousset, ingénieur voyer, pendant la mandature de Victor Aristide Delavelle, maire de Besançon entre 1881 et 1884. Il met en évidence l’extension de l’urbanisation de la ville.

 

La population a fortement augmenté, passant de 29 000 habitants en 1832 à 57 000 en 1881. La ville s’étend au-delà de la Boucle et de Battant. Les secteurs des Chaprais, de la Butte, de Saint-Claude et de Saint-Ferjeux se couvrent de nouvelles habitations.​


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Besançon au XXème siècle : en 1937​, le plan « Siffert »

 

Ce plan d’ensemble réalisé sous la mandature de Charles Augustin Siffert, maire de Besançon de 1925 à 1939, met en évidence la forte densification de l’urbanisation. La ville compte désormais 65 000 habitants. De nouveaux quartiers ont vu le jour, Rosemont, Montrapon, le haut de Brégille.​


Vue aérienne de la rue de Belfort et du cimetière des Chaprais vers 1926 (AM Besançon 357W391)

Besançon en 1938 : le plan d’agrandissement et d’embellissement de Maurice Boutterin

 

Les lois du 14 mars 1919 et du 19 juillet 1924 imposent aux villes de plus de 10 000 habitants de dresser un projet de plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement. Besançon confie la réalisation du projet à l’architecte bisontin Maurice Boutterin (Besançon, 1882 - Tours, 1970).

 

À la demande de ce dernier, un crédit est voté au Conseil municipal, en mars 1926, pour la réalisation de photographies aériennes du territoire communal. Elles doivent permettre d’établir une nouvelle cartographie, les plans existants étant jugés incomplets et d’une exactitude incertaine. A noter que seulement quinze de ces photographies aériennes ont été conservées et sont parvenues aux archives municipales. Les plans levés, à partir de cette couverture photographique, ont été livrés en novembre 1927.


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Le projet de Boutterin fixe la direction, la largeur et le caractère des voies à créer ou à modifier, détermine les emplacements, l'étendue et les dispositions des places, squares, jardins publics, terrains de jeux, parcs, espaces libres divers et indique les réserves boisées ou non à constituer, ainsi que les emplacements destinés à des monuments, édifices et services publics. Le plan finalisé sera présenté et publié sous forme d’atlas, en 1938. Même s’il ne sera jamais mis en œuvre, sa réalisation a permis de refaire une cartographie de la ville d’une précision sans équivalent depuis la levée du cadastre napoléonien. ​​


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Besançon en 1942 : le Plan « Bugnet »

 

Ce plan général de la ville de Besançon date de 1942. Il a été levé par les services municipaux de la voirie, pendant la mandature de Henri Jean Augustin Bugnet (maire de Besançon de 1940 à 1944).​

 

 


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1951 : Projet d’aménagement d’une cité jardin à Montrapon​

 

Le projet, déjà ancien, d’une cité-jardin à Montrapon est relancé par la municipalité au début des années 1950, sur un vaste terrain de plus de 9 hectares situé entre la rue Alphonse Delacroix, la rue Viancin, la route nationale n°67 et l’avenue de Montrapon. Le projet est confié à Maurice Boutterin avec la réalisation d’un plan d’ensemble pour l’édification de la future cité-jardin.

 

Le 23 juillet 1951, Maurice Boutterin présente à la municipalité son projet qui « viendra compléter le quartier de Montrapon, en pleine extension, très aéré, bien orienté, pas trop éloigné du centre-ville ». Ce rapport est accompagné de deux plans axonométriques réalisés sur calque. Le projet tel qu’il a été conçu par Boutterin n’est pas réalisé.